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N’en déplaise à certains promoteurs immobiliers naturellement en quête de profits, le territoire de Richmond et du pays de l’Ardoise n’est pas un simple espace en attente de leurs investissements. C’est un espace de vie pour des milliers de personnes, leur famille et leurs amis. Un lieu où plusieurs habitent depuis plusieurs générations et où d’autres sont arrivés plus récemment. Pour la majorité de ces personnes, le slogan de la ville « Riche de culture. Fière de nature » a un sens réel. C’est bien l’histoire de la ville et celle de son environnement, dont la rivière Saint-François, les activités agricoles, la faune et la flore qui nourrissent cette fierté et cette richesse.

Pourquoi une telle tirade pour débuter cette chronique, me direz-vous?

Parce que, coup sur coup, les citoyennes et les citoyens ont été grandement interpellés par des projets immobiliers hors normes. Alors que sur ce que l’on pourrait appeler la rive Est de Richmond (celle où se trouve le cœur du village) plusieurs constructions d’envergure ont eu lieu ou sont projetées, sur la rive Ouest (côté Melbourne) deux importants terrains retiennent l’attention. D’une part, le club de golf a été vendu et les nouveaux propriétaires envisagent un projet immobilier alors même que le zonage ne le permet pas ! D’autre part, sur le chemin Thomas, longeant lui aussi le golf, une entreprise de Magog souhaite construire une centaine de portes.

Mettons les choses au clair avant de poursuivre : ce n’est pas parce que l’on est pour la protection de l’environnement que l’on est contre l’ajout de logements; ce n’est pas parce que l’on souhaite qu’il y ait plus de logements abordables que l’on est totalement contre de nouvelles constructions et ce n’est pas parce que l’on souhaite un développement qui respecte davantage les spécificités d’un lieu que l’on est contre le développement.

Il faut aussi être conscient que nos villes ont de plus en plus de responsabilités à assumer mais manquent de ressources financières. Des experts mandatés par Québec viennent d’ailleurs de rappeler le manque de soutien gouvernemental pour les infrastructures : « Avoir les moyens d’agir en fiscalité municipale | Le Devoir ». Plus près de nous, le récent débat sur la TIV (taxe d’immatriculation sur les véhicules) a rappelé les enjeux, en l’absence de ressources adéquates les collectivités locales se retrouvent obligées à trouver du financement pour des services de base comme le transport adapté… Or, comme tout le monde le répète souvent, c’est bien en ajoutant des logements que les ressources financières peuvent augmenter grâce à l’ajout de taxes foncières. Mais tout est une question d’équilibre et, rappelons-le, les promoteurs ne sont pas des travailleurs sociaux.

Dans le cas du terrain de golf, mentionnons que les membres du Conseil municipal nouvellement élus ont déjà fait part de leur opposition au changement de zonage de ce terrain. Félicitations à elles et eux. Le cas du chemin Thomas est différent car, bien que le promoteur ait fait des démarches pour demander un changement de zonage en 2025, une première mobilisation citoyenne avait convaincu les personnes élues de ne pas aller de l’avant. Toutefois, l’entreprise revient à la charge avec un projet certes modifié et réduit… mais une chance, il s’agit simplement de respecter les règles en place, pas de la bonne volonté d’un entrepreneur !

Ce terrain est zoné blanc, ce qui signifie qu’il y a possibilité de construire (contrairement à un terrain agricole zoné vert par exemple). Une séance d’information est prévue le jeudi 14 mai au centre communautaire de Richmond à 18h, mais la ville a déjà précisé l’ampleur du projet : un immeuble de 9 logements + six immeubles de 6 logements + deux quadruplexe + trois triplex + trente-cinq unifamiliales = 97 portes.

Lorsque l’on parle de 97 portes, on peut penser à deux, trois ou quatre personnes par logement donc entre 200 et 400 personnes mais également au moins 200 nouvelles voitures à circuler. Si vous êtes déjà passé par le chemin Thomas, sachez qu’il mène à un cul-de-sac (l’autoroute 55) sauf un accès au chemin Bellevue où la circulation est limitée à 30 km/h en raison notamment de la présence d’un parc. L’autre accès mène de manière abrupte à la route 243 (sous juridiction provinciale) déjà largement fréquentée. Donc, 200 autos qui circulent aller-retour plusieurs fois par jour, cela fait au moins un demi-millier de déplacements quotidiens devant les maisons de l’avenue Melbourne et du pont McKenzie. Il n’y a en effet pas de trottoirs ni de pistes cyclables pour se déplacer dans ce secteur vers le cœur du village. Tant mieux si ces chiffres sont inexacts mais ils me semblent très réalistes (et très problématiques) jusqu’à preuve du contraire. D’autres préoccupations ont déjà été soulevées par des résidentes et des résidents : impact sur le ruisseau et sur la rivière, coûts des infrastructures publiques pour permettre un tel projet, effet sur la santé physique et psychologique des personnes vivant dans ce secteur pendant et après une éventuelle construction, etc.

Il faut donc souhaiter que le conseil municipal de Richmond, appuyé par la population, obtienne des études d’impact sérieuses sur ces aspects avant d’aller de l’avant. Qu’on n’essaie pas de nous passer un sapin, Noël est déjà beaucoup trop loin. Le printemps est d’ailleurs plutôt synonyme de rassemblement, l’hiver et le temps de l’isolement sont terminés. Et cela tombe très bien car le règlement numéro 337 concernant le processus de consultation publique prévoit justement dans son préambule que : « La ville souhaite donner la priorité aux intérêts collectifs sur les intérêts individuels ».

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